Venise n’est pas en Italie  d’Ivan Calbérac

J’ai pris plaisir à lire ce livre, même si le sens de son titre – Venise n’est pas en Italie – m’échappe un peu. Il faut que je vérifie si c’est une citation. Sinon, cela signifie peut-être quelque chose du genre « Le bonheur n’est pas forcément là où on l’attend. » Cette formulation un peu facile que je viens d’utiliser résume assez bien le style et le contenu de ce roman. Autrement dit, je le trouve plutôt bien écrit, assez simplement, je trouve venise n est pas en italieaussi que ce qu’il dit n’est pas faux, ou plutôt ne sonne pas faux, puisqu’il s’agit d’une fiction et qu’il n’est pas d’une grande originalité. « Two out of three ain’t bad » comme on dit outre-Atlantique et pour ma part les petites scènes qui racontent d’abord le quotidien puis l’aventure d’un adolescent  étaient suffisamment bien senties et racontées pour combler le manque de grande originalité.

 

Émile, le narrateur, a quinze ans et il nous raconte sa vie dans son journal intime. Il n’a pas la meilleure vie du monde et pas la pire non plus. Il aimes ses parents et son frère et est aimé d’eux, mais ce n’est pas la famille idéale. D’ailleurs, c’est ce que j’ai préféré dans ce livre : je trouve la description des relations enfant-parents plutôt fine. Je lis sur la quatrième de couv que le père est un « doux-dingue » mais ce n’est pas l’impression que je retiens du bonhomme – je ne le trouve pas très doux, en tout cas. Le portrait de la maman me semble être un peu moins haut en couleur mais peut être qu’un personnage flamboyant par famille suffit. Je me suis plutôt attaché à Émile, cet adolescent réfléchi et sa plume m’a paru assez habilement guidée par Ivan Calbérac pour lui donner une voix « authentique », le défi ultime de l’auteur.

J’ai parlé plus haut de quotidien puis d’aventure car le roman se situe sur les deux plans. On passe d’une description de la situation familiale, du lycée, du blues des adolescents à une épopée où Venise prend effectivement sa place titulaire. Le seul bémol que j’émettrais sur la narration serait le nombre assez invraisemblables de rebondissements de situation surtout vers la fin du récit ; tout va mal, ensuite tout va très bien puis pas du tout, ça redevient génial et c’est de nouveau la catastrophe. Peut-être l’auteur a-t-il voulu simuler les sautes d’humeur bien connues des adolescents. Si oui, à mon avis, il a forcé le trait.

 

Fidèle à mon engagement de ne rien dévoiler de l’intrigue, je ne vais pas détailler l’action du roman sauf pour saluer cette trouvaille de l’auteur qui à elle seule symbolise tous les malentendus dans la communication parents-enfant, les errances de l’amour parental et filial, la limite entre le choix libre et la coercition : je parle des cheveux blonds …

 

 

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