All posts by Hélène Wilkinson

I live half an hour South of Paris in France, with my gorgeous family of the husband and two children variety. My gene pool is made up of quite a lot of French and English, a bit less Polish and some Irish. I am a translator.

Intelligence artificielle, troisième partie, La guerre des intelligences de Laurent Alexandre

Mon père m’a offert ce livre avec l’idée que le sujet traité pourrait  m’offrir des termes techniques français potentiellement utiles quand je traduis des textes dont le sujet est l’intelligence artificielle – et c’est vrai que c’est thème que je retrouve de plus en plus souvent dans les textes que je traduis – mais j’ai trouvé ce livre intéressant pour d’autres raisons.

J’ai lu La guerre des intelligences  de Laurent Alexandre en parallèle avec Homo Deus de Yuval Noah  Harari, qui traite aussi de l’IA et des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives).

Yuval Noah Harari s’interroge longuement sur l’interface homme-machine, analyse en détail les bouleversements qui ont mené à l’avènement des technologies extraordinaires dont l’humanité dispose aujourd’hui, et a finalement un discours assez alarmiste sur le nouvel avenir qui se dessine.

Laurent Alexandre, quant à lui, fait des constats plutôt que des analyses et il est pragmatique plutôt que pessimiste. Son message pourrait se résumer ainsi : « La guerres des intelligences est lancée (intelligence biologique contre intelligence numérique) et les institutions et états agissent comme si de rien n’était. Or , le développement fulgurant de l’intelligence artificielle annonce toute une série de bouleversements, pour lesquels il est urgent de se préparer, notamment en refondant nos systèmes éducatifs. »

C’est certainement vrai mais j’ai regretté que l’auteur ne se « mouille » pas davantage et n’offre pas d’analyse plus fouillée des conséquences probables ou possibles des révolutions qui s’annoncent (et de celles dont les effets se font déjà sentir). Son essai comprend bien une liste de scénarios possibles pour l’IA : il en passe 12 en revue mais il me fait très brièvement. Il termine en disant « Et il y a bien sûr d’innombrables autres scénarios imaginables ! » ce qui en soi discrédite un peu les 12 précédentes : « celles-là ou d’autres, à vous de voir ».La guerre des intelligences

Pour ma part, j’aurais aimé des scénarios possibles plus détaillés avec une analyse de leurs conséquences probables. Même commentaire à propos des  « sept basculements » qui figurent également à la fin du livre et qui en sont une des parties les plus intéressantes, j’aurais aimé des suggestions d’actions à mettre en place face à chacun d’entre eux.

 

 

Vermines de Romain R. Martin

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un bouquin aussi original ! verminesVermines est le premier roman de Romain R. Martin, encore un auteur de talent déniché par la maison d’édition Flamant Noir, dont j’ai déjà pu apprécier d’autres polars et romans noirs.

 

Vermines parle d’un personnage ma foi très peu sympathique, dont les aventures et mésaventures nous forcent à tourner les pages frénétiquement. L’histoire commence par une pauvre bête écrasée et elle se termine par à peu près la même chose. Elle se déroule dans des lieux sinistres : un cabinet de taxidermiste, la demeure familiale qui n’évoque pas franchement la nostalgie des jours heureux,  une « lumineuse petite maison de poupées perdue dans la forêt », espèce de réincarnation de la maison en pain d’épices sur laquelle tombent Hansel et Gretel… Le nombre de personnages est très restreint, il y a Arnaud l’anti-héros, Pascalin le pauvre type, Pénélope la vieille femme de ménage, Adrien Konklav le gourou pas clair et des représentants des forces de l’ordre, c’est à peu près tout.

 

Je n’ai pas vraiment envie d’en dire davantage sur l’intrigue, qui est aussi loufoque que grinçante, aussi figue que raisin et aussi complètement déjantée que tristement plausible. Je préfère m’attarder sur le style qui mêle habilement l’humour noir au pathos et prête une voix très particulière au protagoniste dont l’ironie lourde passerait presque pour de la compassion quand il ne s’agit pas d’autodérision ou de cri de douleur étouffé. Il y a un savant dosage de langage volontairement alambiqué avec des petites phrases percutantes et cinglantes, pour ne pas dire assassines …

 

Je suis allée au salon du livre de Paris cette année comme tous les ans et suis évidemment revenue avec un sac plein de livres, dédicacés pour certains par leur auteur, dont Romain Martin. À vue de nez comme ça, il paraissait normal, gentil même … et puis en même temps il pond une bizarrerie comme ça ! (mais attention hein, une bizarrerie éminemment lisible …) Bref, c’est mon coup de cœur du moment.

 

Artificial intelligence part 1

I can’t help feeling that the issue of artificial intelligence has been staring at me in the face wherever I’ve looked. It’s certainly very much in the zeitgeist and it’s something I’ve been thinking a lot about recently, especially after I finished reading two books on that topic or on that topic among others, I should say.

The two books I read in English and French respectively are Homo Deus by Yuval Noah Harari and La guerre des intelligences by Laurent Alexandre. I know the first has been translated into French but I don’t think there is an English version of the second at the time of writing this.

StarfleetCommandEmblemMy next TBR will probably the so-called Villani report on AI which has just been published. So far, I have only seen the video of a recent TedX talk Cédric Villani gave locally (it was a shame I had to miss that event, I live so close to the venue but I had an unavoidable work commitment. I’m only finding the time now to go through the videos of the day, some interesting stuff there.)

I feel particulary motivated to read up more on the topic for two reasons:

1. That genie definitely cannot be shoved back in the lamp. It’s out, it’s going to stay out and it’s going to get bigger, more powerful and even more omnipresent than it already is.

2. I don’t really understand the underlying technologies or science and I don’t think I’m alone in this.

What I do know is that we all need to take notice and to learn, fast. I’m particularly concerned that legal changes will lag far behind technological progress (and/or AI-induced Amargeddon of course), that there could be fairly chaotic and uncontrolled important developments in the near future and that governments of individual countries will believe they can deal with these by themselves, whereas it seems self-evident to me that never was international cooperation more vital. The world being in the state it’s in, I don’t believe that we’ll get a Star Trek-like United Federation of Planets organisation any time soon but surely we need to operate at the level of a continent or region for these transparently transnational issues.waroftheworlds

The huge prize at the bottom of the AI et al rainbow is of course massively improved health, increased prosperity and more fulfilling lives for millions of people. The huge risk is, to my mind, not so much that the machines make slaves of us humans but rather that the above huge prize ends up being very unequally distributed.