Category Archives: Show reviews

Signes de Carolyn Carlson et Olivier Debré

J’ai vu ce ballet, rentré au répertoire de l’Opéra de Paris depuis longtemps, à Bastille, qui reste ma salle préférée. La magie du luxe moderne opère à chaque fois pour moi dans ce lieu. J’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu et entendu sur la scène ce soir-là :

Signes est une pièce en sept tableaux, où la chorégraphie, la musique, les décors et les costumes contribuent de façon égale à l’ensemble. En fait, j’ai rarement vu les décors et les costumes endosser un rôle aussi important dans un ballet. Certains des costumes me font un  peu penser à ceux réalisés par l’artiste issu du Bauhaus, Oskar Schlemmer. Chaque tableau a sa couleur, son ton, son rythme, sa sensibilité. Ils portent des noms de parfum : “Loire du matin”, “L’esprit du bleu” ou “Les couleurs de Maduraï”.

Les rôles principaux de la représentation que j’ai vue étaient dansés par Agnès Letestu, Séphane Bullion (étoiles) et Amélie Lamoureux (coryphée). Ils sont tous trois excellents, comme l’est le reste de la compagnie. Comme d’habitude à l’Opéra, quoi. Je crois que je n’y ai été déçue qu’une seule fois de la qualité de la danse : il s’agissait d’une production de Casse-Noisettes, en 2007 je crois. Ici, la seule critique que j’émettrais tient à une chorégraphie qui donne parfois une ambiance un peu trop clinique à mon goût : tout est si parfaitement excécuté …

Les tableaux s’enchaînent, mais ne se ressemblent pas. Le temps passe vite, et le dernier tableau offre une fin à la fois solennelle et joyeuse.

Sacred Monsters avec Sylvie Guillem et Akram Khan

Rencontre dansée entre deux cultures

Je suis allée voir Sacred Monsters avec Sylvie Guillem et Akram Khan au Théâtre des Champs Elysées dimanche après-midi, avec ma soeur. Ce fut un moment précieux. La pièce met en scène deux danseurs, l’un formé à la danse indienne classique, le kathak, l’autre formée à la danse européenne classique, le ballet. Ils étaient accompagnés de chanteurs et musiciens, qui à mon oreille non experte en la matière, me semblait mélanger éléments indiens et européens.

A eux deux, Sylvie Guillem et Akram Khan réincarnent leur art avec une technique parfaite et un lyrisme envoûtant. On a l’habitude de cela, avec Sylvie Guillem, mais on s’émerveille quand même devant la fluidité des lignes qu’elle produit avec son corps et ses prouesses athlétiques, avec ses développés qui tendent vers l’infini.

Je n’avais jamais vu Akram Khan danser mais il est clair dès les premiers pas esquissés qu’on a devant soi là aussi un  grand maître de son art. (Au passage, je suis très heureuse pour lui qu’il se soit remis de sa blessure au tendon d’achille qui nous avait privées de le voir il y a deux ans, quand il passait à Paris. La guérison a été longue mais heureusement complète.) Il exécute en particulier un mouvement, surtout au début – qui est peut-être issu du kathak, il faut que je me renseigne – qui était incroyablement beau : imaginez quelqu’un qui se promène en jouant avec un ballon invisible très glissant et tournant sans cesse sur lui-même, qu’il essaie de maîtriser en le contenant dans ses mains. D’ailleurs tout son jeu de mains est extraordinaire.

Les morceaux dansés dans Sacred Monsters sont entrecoupés de courts monologues et de dialogues entre les deux danseurs, sur un ton rêveur ou humoristique. Akram parle surtout de son parcours de danseur, de comment incarner le beau Krishna à la chevelure abondante, lui qui a commencé à perdre ses cheveux très jeune… Sylvie, quant à elle, parle de choses et d’autres, jouant sur le côté décalé qu’on lui connaît.

La partie parlée s’inscrit dans une mise en scène qui se veut minimaliste, voire inexistante : on voit les danseurs s’éponger avec une serviette, boire de l’eau, on les entend respirer bruyamment après un passage dansé énergique, Sylvie se coiffe entre deux morceaux, etc. Mais ça ne trompe personne, tout est orchestré, et parfaitement exécuté. Les passages parlés ont sans doute également le mérite d’offrir des petites pauses aux danseurs. En effet, s’ils évoluent à tour de rôle au début, une bonne moitié du spectacle, qui dure une heure sans entracte, est une série de danses à deux.

Et quelles danses! Executées parfaitement, avec une émotion grandissante. Et Sylvie Guillem sera heureuse de ressentir, spectacle après spectacle, que les spectateurs aussi savent encore être émerveillés.

The legacy in my mind

Olympics Musings 5

So it’s all over. Rio has the flame. Pundits will move into dissection mode. I’ll have another go at surfing for three-minute summaries in a while, and in the meantime, I’ll close these Olympics musings with what will stay with me, in my memories, in my mind:
The thought that must have gone into venue design. Those fabulous, never-yet-seen views over London from the top of temporary structures in Greenwich and Horse Guards Parade were especially amazing for me.
How much fun synchronised swimming was.  I thought the costumes dire, the choice of music often plain weird and the pre-dive bits of choreography ungainly. But I was entranced by two pairs of feet corkscrewing down, amused to see the technical names of the compulsory bits of the routine flashing up on the screen and amazed how much you can see, even from a long way away. So, a style nightmare in my book (and maybe style isn’t THE most important aspect of sport, whatever the adverts with Becks or now Jessica Ennis show….), but thoroughly enjoyable nonetheless.

Children reading during the events. This is a memory I share from both sets of Games I’ve been to: the Harry Potter fan at Melbourne (yes, Melbourne hosted stuff during Sydney 2000) told off by his Dad for not watching the football and the younger two out of the four-member family at women’s hockey with their noses stuck in books.

Usain Bolt. Sorry, Michael (Phelps), Jess, Mo and all the hundreds of superlative athletes we saw over the fortnight, these weren’t quite your games in the way they were Bolt’s.

The canal-side walk in the Olympic park.
I hardly had time to enjoy it, but I loved the wild flowers, the information about the bird boxes, the little bit of nature inside a manic space. As Richard pointed out, there was a Liverpool garden festival touch about it, for those in the UK who remember that far back.
The volunteers. Like in Sydney, they were helpful and friendly. High fives with the pink foam hands may seem to cheesy to you, but collecting them is a serious business when you’re seven years old. Sydney volunteers scored a point in reactivity when they provided spectators with rolls of kitchen towel to dry the wet seats after a shower, before the softball. No such provision in London before the equestrian jumping. Hah! However, London had volunteers monitoring crowds from umpire’s chairs, singing. And I heard no-one in Sydney warble self-depecratingly that “we’ll meet again, don’t know where, don’t know when.”
Photos: Richard Wilkinson