Artificial intelligence part 2 – Homo Deus by Yuval Noah Harari

Homo DeusHomo Deus was not quite the page-turner Sapiens, also by Yuval Noah Harari,  was for me but I still found it very interesting.  This “brief history of tomorrow” was certainly thought-provoking, as no doubt it set out to be. I learnt some fascinating things about how far we have already got to in our development and increasing mastery of artificial intelligence among many other amazing achievements; we’ve also made significant advances in, bioengineering, nanotechnologies, the human machine interface, the proliferation of a variety of bots. The speed of breakthroughs in all these domains and the power of their interactions are truly mindboggling.

 

I had already been made aware of a truly landmark victory of machine over man in the context of the game of  go, which is covered in Homo Deus. It had struck me at the time because of something I have noted on a family holiday. Board games are possibly becoming less popular and perhaps in part precisely because they are no longer the reserve of human strategists and quick calculators. As AlphaGo triumphantly demonstrated (after Deep Blue beat Garry Kasparove at chess of course, but barely 20 years on, this triumph was far more spectacular) machines are far better suited to those tasks. Incidentally, it is amusing to note that the sale of go boards increased sharply after AlphaGo decisively crushed the reigning human champion. I wonder whether that means that people are keen to pit their wits against machines or if their curiosity for the game was simply aroused by the surrounding publicity. Personally, I love board games even though I’m not very skilled at them – my thirteen year old daughter beats me at chess every time– so either explanation is fine by me, let’s all play more board games, whether we want to prove that we can still beat machines (but don’t hold your breath folks) or whether we just want to spend some fun time interacting with other players, be they human or otherwise.

 

But I learnt many other things, like the experiments that involved rats being remotely controlled via electrodes in their brain and as a result, behaving in ways they would normally avoid, like jumping off great heights. Or those involving human patients with electronic chips in their brains, some of whom have experienced significant relief from post-traumatic stress disorder. (Note that the humans get a better deal than the rats but Harari, who is clearly someone who has a great respect for all animal species, talks about the ethical issues of the rat experiments especially). Both these experiments seem to me to have come straight out of a science fiction film but they are happening right now and Harari provides many more amazing examples. Homo Deus is however more than a simple inventory of how far Homo Sapiens has gone in what looks like an inexorable progression towards “Homo Deus”. He posits that a number of threats arise, namely that “1. Humans will lose their economic and military usefulness, hence the economic and political system will stop attaching much value to them. 2. The system will still find value in humans collectively, but not in unique individuals. 3. The system will still find value in some unique individuals, but these will be a new elite of upgraded superhumans rather than the mass of the population.” Scary stuff indeed.

The book goes on to provide details on these threats and then discusses consciousness and the triumphant rise, in the face of the increasing irrelevance of both humanism and liberalism, of what the author defines as a new religion: dataism.

 

Harari’s vey last sentence in his book, the third of three concluding questions, is what got me thinking most: “What will happen to society, politics and daily life when non-conscious but highly intelligent algorithms know us better than we know ourselves?” Indeed. That’s an essay question if there ever was one.

Draw on what you have observed around you and discuss. You have three hours, you may turn your paper over now.

 

Coupable[s] de Samuel Sutra

JScreen Shot 2018-03-10 at 22.57.25’ai l’habitude de lire plusieurs livres en parallèle, sauf que tôt ou tard, j’en privilégie un et je lâche les autres le temps de finir celui que j’ai envie de finir en premier. Qui s’est trouvé ces jours-ci être Coupable[s] de Samuel Sutra, publié par Flamant Noir Éditions, livre que j’ai eu le plaisir de recevoir récemment, dédicacé par l’auteur. Il est vrai que j’étais prédisposée à bien aimer ce polar, parce que j’avais adoré le précédent, Kind of Black.

 

DansCoupable[s], on change de décor complètement, mais le plaisir de lecture reste le même. Ici, un jeune policier d’origine haïtienne rejoint temporairement « la Crim,’» pour prêter main forte à une enquête sur des crimes dont on apprend rapidement qu’ils sont supposés avoir été commis par un tueur en série. Le seul point commun qui semble relier ces meurtres est en effet l’île d’Haïti. Évidemment, je m’arrête là en ce qui concerne l’intrigue …

Comme précédemment, j’ai apprécié les portraits croqués dans le milieu policier notamment, mais également dans le monde diplomatique, celui des affaires…. On rencontre une psy profileuse au 36, quai d’Orfèvre, un ambassadeur « de deuxième division », un escroc, une patronne de restaurant et les quelques pages qui leur sont consacrées à chaque fois suffisent amplement à cadrer le personnage mais aussi à découvrir ou deviner les subtilités de leur caractère. Les subtilités de caractère,  ce n’est pas ce qui manque au protagoniste – bon policier, il fait souvent de mauvais rêves – la subtilité en général non plus d’ailleurs.

Le récit se déroule au rythme des retours en arrière, au fil du roman, sur les dernières heures des victimes, entrecoupés par des descriptions d’une enquête qui progresse vers l’issue inéluctable … que je n’ai pas devinée, du moins que je n’ai devinée que quelques petites pages avant sa confirmation, pour moi qui suis une lectrice de polars aguerrie, autant dire que je n’ai pas identifié le.s coupable.s !

 

 

Petit aparté, il est des coïncidences étranges : j’ai lu ce livre quelques jours après que certaines associations caritatives britanniques aient fait la une des médias, pour des raisons exécrables, à savoir les actions criminelles d’un petit nombre de leurs membres envers les personnes à qui ils étaient censés porter secours sur le terrain et notamment en Haïti, pendant les séismes qui ont dévasté l’île à plusieurs reprises …

Et si on jouait à la docteure et à l’infirmier ?

Je profite de cette journée internationale des femmes pour faire quelques remarques sur un sujet qui me tient à cœur : le lien entre le langage et la cause des femmes, en particulier entre la langue française et le féminisme en France.

Hou, tout un programme ! Et j’en ai peut-être découragé certain.e.s, non, c’est trop moche, j’ai peut-être déjà découragé mes lecteurs et lectrices, hummmm, long et peu élégant, je vous ai peut-être déjà  découragés, non, zut, je retombe sur un découragé.e.s difficile à lire.

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Photo : I, Herve s

L’écriture inclusive est aussi laide à l’écrit qu’à l’oral, c’est clair. Il va falloir sérieusement nous remuer les méninges pour faire mieux. D’ailleurs, pour vraiment bien faire, il serait nécessaire de revoir toute notre grammaire pour s’attaquer au fameux « le masculin l’emporte au pluriel ». Je crois pourtant qu’il existe des systèmes linguistiques qui prennent en compte bien davantage de possibilités. Déclinaison du masculin, féminin – et neutre, pourquoi pas ? – au singulier, et au pluriel, avec toutes les combinaisons, uniquement du féminin, du masculin, du neutre ou bien un mélange. Au passage, je me demande comment l’espéranto, ce beau rêve conçu par des optimistes, se débrouille avec cet aspect de la langue.

Je vous vois venir et je rejette tout de suite les objections du genre « Il y a des combats plus importants ». Sans doute, mais l’influence de la langue sur le comportement et les mentalités est, à mon sens, très largement sous-estimée.

Si les enfants jouent « à la maîtresse”, ce n’est pas par hasard. Ils vont en effet rencontrer le plus souvent une institutrice à l’école primaire. S’ils jouent “au docteur et à l’infirmière”, ils sont sans doute en retard sur la réalité : la profession médicale dans son ensemble s’est en effet massivement féminisée; la formule “le docteur et l’infirmière” reste cependant tenacement dans les esprits, c’est un exemple de nos habitudes de langage qui font parfois perdurer des vérités anciennes.

Ne nous voilons pas la face : la langue reflète et façonne les schémas de pensée.

En français, il nous faut être présidente ou président, traducteur ou traductrice, infirmière ou infirmier. Alors que l’anglais, par exemple, nous permet d’être president, translator ou nurse. Cette langue-là nous donne au moins la possibilité d’imaginer une femme ou un homme occuper ces fonctions.

Tout un sujet, la féminisation des noms de métiers ! Il faut dire que « maîtresse de conférences », ça le fait pas, et il n’y a rien de moins euphonique que « doctoresse ». Et puis quand il n’existe pas de terme féminin, par exemple pour « professeur », on nous refuse même un petit « e » à la fin du mot, pourtant ça ne s’entend même pas qu’on est « auteure » ! Et puis quand c’est exactement le même titre, par exemple, « ministre », ça ne va pas non plus, on s’écharpe sur si c’est « Madame le ministre » ou « Madame la ministre ». Bref, nous sommes compliquées.

En fait, ce n’est pas nous qui sommes compliquées, c’est le sujet. Cela me fait sourire de voir que même l’anglais se heurte à la question, lui (au fait pourquoi est-ce-que c’est « lui », alors qu’il s’agit de LA langue anglaise ? passons ! ) qui contient beaucoup moins de mots sexués, dans le sens où tout ce qui est non-humain grosso modo*, y compris l’intitulé d’un poste, n’est ni masculin, ni féminin, Depuis quelques années, les actrices anglophones insistent pour qu’on les décrive non plus comme des actresses mais des actors. Un petit peu comme si on aimerait que ce soit le métier qui importe, pas le genre de la personne qui l’exerce …

Voici un autre exemple de la langue qui agit certainement comme le miroir d’une époque mais qui fait peut-être aussi que les mœurs évoluent lentement dans certains domaines. C’est sans doute une tarte à la crème que je vous balance, mais le Panthéon proclame sur son fronton qu’il abrite en son sein la dépouille de ses enfants les plus illustres : « Aux grands hommes la patrie reconnaissante ». Il joue ce rôle depuis 1791 et il aura quand même fallu attendre plus de deux cents ans pour le voir rendre hommage à une femme aussi illustre que son mari …

J’ai mentionné la possibilité du neutre ci-dessus et j’y reviens brièvement. J’aimerais qu’on arrête de dire doctement que le masculin est un neutre et que quand on dit « l’homme », ou avec encore plus d’emphase, « l’Homme », on veut dire en fait « l’humanité ». Désolée, mais ça, ça ne va pas du tout ! Je dirais même que c’est carrément malhonnête de déguiser le masculin en neutre ainsi. Et d’ailleurs, dans ce cas précis, c’est très simple, il suffit de dire …. « humanité ». Pourtant on trouve des « l’homme » soi-disant neutres encore un peu partout dans des textes rédigés récemment.

Car bien loin de moi l’idée de ré-écrire quoi que ce soit. Aucune action rétro-active n’a bien entendu lieu d’être. Je fais partie des personnes qui pensent que la ré-édition des albums de Lucky Luke sans cigarette est une occasion pédagogique manquée: on peut très bien dans un encart expliquer aux lecteurs petits et grands qu’il y a eu prise de conscience des dangers du tabac et qu’on peut remarquer d’ailleurs que depuis 1983, le héros qui tire plus vite que son ombre a troqué sa cigarette contre un brin d’herbe qu’il mâchouille. Pour moi, il serait hors de question de ré-écrire quoi que ce soit, y compris pour les enfants.

Je sais que sur le plan grammatico-pratique, c’est difficile d’envisager d’autres solutions et je sais que le féminisme a beaucoup de causes nobles à défendre. Je plaide simplement pour que nous arrêtions de nier le rôle qu’y joue la langue. C’est avec une langue qu’on forme des mots, avec des mots (parlés, lus, à l’écran) qu’on communique avec les enfants, avec des personnes éduquées qu’on change les mentalités.

*Les animaux n’ont pas de genre, sauf s’il s’agit d’un animal domestique, a fortiori si l’animal en question porte un nom. Et quelques noms sont parfois poétiquement affublés d’un genre féminin. Quelqu’un pourra par exemple dire avec affection d’une voiture que “she’s a little beauty” ou bien quand la reine Elizabeth II baptise un navire, elle le fait avec la formule consacrée: “I name this ship x. May God bless her and all who sail in her”

Ce blog cause surtout de livres, en français parfois.